Quand vous demandez un artisan à une IA, qui vous répond vraiment ?
Nous avons posé 22 questions réelles à ChatGPT — du type « trouve-moi un plombier à Lyon », « quel est le meilleur électricien à Marseille ? », « un menuisier fiable près de Nantes ». Dans trois quarts des cas, les sources citées ne sont pas des artisans : ce sont des annuaires et des plateformes de mise en relation.
Le référencement change de nature. Une part croissante des recherches locales ne passe plus par Google mais par un assistant — ChatGPT, Gemini, Perplexity. La question n’est donc plus seulement « comment être premier sur Google ? » mais « comment être cité par l’IA ? ». C’est ce que nous avons voulu mesurer.
Le résultat
Pour chaque requête, nous avons relevé toutes les sources citées par l’assistant — les liens qu’il donne comme justifications de sa réponse. Puis nous les avons classées en quatre familles.
| Type de source citée | Part des citations |
|---|---|
| Plateformes de mise en relation (TrustUp, ServicesArtisans, Prozissimo, LeCoinRenov…) | 39,5 % |
| Annuaires (PagesJaunes, ThreeBestRated, Batup, Pappers…) | 36,2 % |
| Sites non identifiés comme intermédiaires | 21,6 % |
| Médias locaux | 2,7 % |
Autrement dit : plus de trois quarts des sources citées sont des intermédiaires. Quand un client demande un artisan à une intelligence artificielle, ce ne sont pas les artisans qu’on lui montre en premier — ce sont les sites qui revendent des demandes de devis.
Et sur notre échantillon, ce constat est presque systématique : la quasi-totalité des requêtes ont cité au moins un intermédiaire.
Les sources les plus citées
| Source | Citations | Nature |
|---|---|---|
pagesjaunes.fr |
26 | Annuaire |
threebestrated.fr |
17 | Classement SEO |
batup-place.com |
12 | Annuaire |
servicesartisans.fr |
11 | Plateforme |
plombier.autour-de-moi.com |
10 | Plateforme |
trustup.fr |
9 | Plateforme |
afficheservices.fr |
5 | Annuaire |
pappers.fr |
5 | Données d’entreprises |
resamatic.com |
5 | Plateforme |
lecoinrenov.fr |
5 | Plateforme |
Pourquoi les annuaires gagnent
Un assistant ne « connaît » pas les artisans d’une ville. Pour répondre, il cherche sur le web — puis il cite les pages qu’il juge les plus pertinentes. Or ces pages, ce sont massivement celles des annuaires et des plateformes, pour trois raisons :
- Ils sont structurés pour être compris par les machines. Un annuaire publie des données lisibles (nom, métier, ville, téléphone) dans un format que l’IA peut extraire. Un site d’artisan, souvent, ne dit son métier que dans une image ou dans un titre vague.
- Ils couvrent toutes les villes. Un annuaire a une page « plombier Lille », « plombier Lyon », « plombier Nantes ». Un artisan n’a qu’une page, sur une seule ville.
- Ils sont cités par d’autres. L’autorité d’un domaine compte dans le choix des sources : un site déjà cité partout inspirera plus confiance à l’algorithme qu’un site artisanal isolé.
Ce que cela change pour un artisan
La conclusion n’est pas « c’est perdu d’avance ». Elle est plus précise : être visible sur Google ne suffit plus, il faut être lisible par une machine.
Concrètement, pour qu’une IA puisse citer directement un artisan — et pas seulement un annuaire qui parle de lui — il faut trois choses :
- Des données structurées (
LocalBusiness) qui déclarent noir sur blanc le métier, la ville, le téléphone et les horaires. C’est ce que l’IA lit. - Un fichier
/llms.txt, qui indique explicitement aux assistants ce qu’ils peuvent citer et comment. - Une fiche Google Business Profile complète, qui alimente la principale base de données locale utilisée par les assistants.
Dans notre baromètre des sites des artisans du bâtiment, nous avions mesuré que 81,2 % des sites d’artisans n’ont aucune donnée structurée décrivant leur activité. Ce nouveau résultat en est la conséquence directe.
Méthodologie complète
Échantillon. Un jeu de requêtes a été généré automatiquement : 10 corps de métier du bâtiment (plombier, électricien, maçon, peintre, couvreur, menuisier, carreleur, serrurier, chauffagiste, plâtrier) × plusieurs villes françaises, avec plusieurs formulations naturelles. Exemples : « trouve-moi un plombier à Lyon », « recommande-moi un bon électricien à Lille », « qui peut intervenir rapidement comme plombier à Strasbourg ? », « un maçon fiable près de Bordeaux ». 22 requêtes ont été traitées et ont produit 185 citations de sources distinctes.
Outil interrogé. gpt-5-search-api, la version de ChatGPT disposant de la recherche web en temps réel — c’est-à-dire celle qui correspond à l’usage réel de l’interface grand public. Les requêtes ont été posées telles quelles, sans consigne orientée.
Ce que nous mesurons. Chaque réponse d’assistant s’accompagne d’une liste de sources (les liens qu’il cite pour justifier sa réponse). Nous avons extrait l’intégralité de ces sources, dédupliqué les domaines, puis classé chacun en quatre familles : annuaire, plateforme de mise en relation, média, ou site non identifié comme intermédiaire.
Ce que nous ne mesurons pas. Nous mesurons les sources citées, pas les entreprises nommées dans le texte de la réponse. Un assistant peut citer une entreprise par son nom tout en s’appuyant sur une page d’annuaire comme source. Notre objet est précisément de savoir d’où vient l’information, car c’est ce qui détermine qui bénéficie de la visibilité.
Limites. Les réponses des assistants varient d’un appel à l’autre : reproduire l’expérience donnerait des sources partiellement différentes, mais une répartition comparable — le schéma observé est structurel. La classification des domaines repose sur une liste établie manuellement pour les acteurs connus, complétée par des règles heuristiques pour les autres : les domaines non reconnus sont comptés séparément et ne sont donc pas attribués abusivement à une catégorie. La collecte a été effectuée le 11 septembre 2026.
Aucun chiffre de cette page n’est estimé. Toutes les sources citées sont publiques et vérifiables : elles proviennent des réponses réelles de l’assistant, horodatées et conservées. Les données brutes et les scripts d’analyse sont disponibles sur demande.
Questions fréquentes
Faut-il en conclure qu’un artisan ne peut pas être recommandé par une IA ?
Non — mais il ne le sera pas par défaut. Un artisan dont le site déclare clairement son métier, sa ville et son téléphone dans un format lisible par une machine devient une source citable. Aujourd’hui, 81,2 % des sites d’artisans du bâtiment de notre échantillon ne le font pas : ils laissent donc les annuaires parler à leur place.
Pourquoi les annuaires sont-ils si bien placés ?
Parce qu’ils sont construits exactement comme ce qu’une IA recherche : une page par métier et par ville, des données structurées, et une autorité de domaine élevée. Un annuaire a des milliers de pages locales ; un artisan en a une. La comparaison est inégale — sauf si l’artisan optimise précisément ce que l’IA lit.
Est-ce que cela veut dire que le SEO est mort ?
Non, il change de forme. Les fondamentaux restent les mêmes — être trouvable, être crédible, être cité — mais le « lecteur » n’est plus seulement un humain qui lit une page de résultats : c’est aussi une machine qui extrait des données. Ce qui se perd, ce sont les sites qui ne déclarent rien de façon structurée.
Comment savoir ce que les IA disent de mon entreprise ?
En les interrogeant directement, avec les formulations qu’utiliseraient vos clients : « trouve-moi un [votre métier] à [votre ville] », « qui est le meilleur [métier] à [ville] ? ». Observez si votre entreprise apparaît, et surtout par quel intermédiaire l’information arrive. C’est le test le plus rapide, et il est gratuit.
Voir comment nous construisons des sites que les IA peuvent citer — données structurées, llms.txt, fiche Google Business, trouvables sur Google.